24 novembre 2008
Tant de haine et bienveillance médiatique
C'était le titre de une au Journal du Dimanche de hier matin. Haine, c'est aussi le sentiment que semble porter Ségolène Royal à l'égard du Parti Socialiste. Comment penser autrement, alors que ces proches annoncent qu'ils saisiront la justice s'ils n'obtiennent pas gain de cause ? Une réunion statutaire de récolement des votes est réunie depuis ce matin au siège du PS, rue de Solférino. Elle est chargée, comme le prévoient les statuts, d'examiner les procès-verbaux des fédérations et les contestations. Ségolène Royal dit "faire confiance" à cette instance mais ne renonce pas à sa demande d'un nouveau vote. Les déclarations de ses proches laissent d'ores et déjà planer une suspicion sur la légitimité du Conseil national à se prononcer sur la validité du vote. Alors, quel arbitrage pour le PS ?
Ce matin, les propos tenus par Ségolène Royal à l'antenne de France-Inter qui dit "je découvre ce qui se passe" à propos des procédures qui manquerait de rigueur, de "régularité" sont à classer au choix au rang de la mauvaise foi ou de la malhonnêteté. En effet, les deux fédérations qui pourvoient le plus de voix à Ségolène Royal, sont celles des Bouches du Rhône et de l'Hérault, qui comme chacun le sait ont à leur tête des hommes au dessus de tout soupçon : Jean-Noël Guerini et Georges Frêche (ce dernier pour l'instant exclu du Parti Socialiste). Un papier du Canard enchaîné après le vote sur les motions du 6 novembre révélait les méthodes expéditives voire punitives employés dans la Fédération des Bouches du Rhône. Une fédération dont la réputation démocratique n'est plus à faire au sein du Parti Socialiste, où le nombre de voix se négocie en amont de tout vote. Ségolène Royal ne peut être dupe de cette situation. C'est pour ses raisons, que nous ne pouvons pas la croire quand elle parle de "remettre au clair les procédures du Parti socialiste". Pourquoi, ne l'a t-elle pas demandée pour chaque fédération avant le vote ?
Une autre question devrait nous interpeller, pourquoi les médias se taisent sur ce point ? Pourquoi, ils ne questionnent pas Ségolène Royal sur le fonctionnement pratiqué, nous devrions dire dysfonctionnement, dans deux fédérations clés ? Je n'ose penser que la bienveillance manifeste à son égard, ne serait guidé que par la seule perspective de revoir un combat présidentiel Royal/Sarkozy. Nous pouvons déjà écrire le titre qui fera augmenter l'audimat et le tirage : La revanche.
Cependant, la politique c'est un engagement plus noble que le souhait personnel (certes légitime) de revanche. C'est avant tout pour un socialiste, agir pour améliorer le quotidien des français, donner des perspectives et de l'espérance d'un monde plus juste demain. Il est triste de voir que nous en sommes très loin. Au fil des heures, nous n'en sortons pas grandis collectivement.
Je suis en colère car tout cela nous détourne de ce qui devrait être l'essentiel : les français face à la crise.
18 novembre 2008
Ségolène Royal abandonné par les sympathisants ?
Selon un sondage BVA publié ce mardi 18 novembre dans Les Echos, 59% des Français (contre 29% en sa faveur) souhaitent une autre personnalité que Ségolène Royal à la tête du Parti socialiste.
Les sympathisants de gauche préféreraient à 52% une autre personnalité que Ségolène Royal (contre 41%), les sympathisants socialistes sont 48% (contre 46%) à penser qu'elle n'est pas la candidate idoine.
Cette enquête a été réalisée les 14 et 15 novembre auprès de 1.019 personnes.
Ségolène Royal croqué par Stéphane Guillon
Soeur Ségolène
Vidéo envoyée par franceinter
Un portrait de Ségolène Royal par Stéphane Guillon, ce matin à l'antenne de France-Inter. Réalité ou fiction ? En tout cas, le discours de samedi après-midi au congrès de Reims l'a sans aucun doute inspiré dans ce portrait.
13 novembre 2008
Ségolène Royal à la recherche d'une majorité
Internet est devenu un formidable outil d'information. Maintenant, les militants peuvent apprendre par voie de presse que Ségolène Royal a écrit à trois autres leaders de motion. Le débat ne se déroule plus dans les instances ou dans les congrès mais par médias interposés.
C'est sans doute un sujet sur lequel le prochain ou prochaine 1er secrétaire devra se pencher sérieusement.
Dans l'attente, je vous livre les trois lettres envoyées à Martine Aubry, Benoît Hamon, et Bertrand Delanoë. Ségolène Royal liste, non sans habilité, les points de convergence avec eux : le travail et le social avec Aubry, le rôle du parti et le militantisme avec Delanoë, et répond sur la question des alliances à Hamon.
Trois lettres qui seront sans aucun doute analysées, scrutées... A suivre dans l'ambiance socialiste de Reims.
11 novembre 2008
Congrès PS et petit rappel historique pour prendre de la hauteur
Le vote des militants socialistes du 6 novembre dernier, pour départager les six motions (textes d'orientation) en lice pour le congrès de Reims, a placé la motion proposée par Gérard Collomb/Ségolène Royal en tête avec 29%.
Les motions A et D soutenues respectivement par Bertrand Delanoë et
Martine Aubry rassemblent toutes deux autour de 25 %. La motion C
soutenue par Benoît Hamon a recueilli autour de 19 %.
Nous pouvons tirer trois constats de ce résultat :
- aucune motion n'a la majorité pour imposer de fait sa ligne d'orientation, même si la motion Royal est devant
- les militants souhaitent un renouvellement, et ont sanctionné la motion qu'ils considéraient comme sortante, à savoir celle présentée par Delanoë/Hollande
- les militants donnent un signe fort d'ancrage à gauche du Parti Socialiste. Les motions proposées par Hamon et Aubry (44 %) ont fait campagne pour une ligne d'orientation affirmée à gauche. Le texte présenté par Martine Aubry a placé la question sociale au coeur avec l'idée d'un nouveau modèle de développement à construire.
Ségolène Royal a donc la responsabilité de trouver une majorité. Une majorité qui tienne compte du sens du vote donné par les adhérents du Parti Socialiste, et non une majorité avec des rapprochements de circonstance dans le seul but de de gagner l'appareil en vue de l'élection présidentielle de 2012. Cette responsabilité demande de prendre de la hauteur, de laisser de côté les ambitions individuelles pour s'attacher à la tâche collective de construire une alternative à gauche.
Ségolène Royal a remis aux représentants des autres motions un document de travail, qui se veut "ouvert". Le texte se propose de « structurer la réflexion et les échanges » afin de servir
de base aux discussions préparatoires à la constitution d’une majorité
au congrès de Reims.
Cependant, il semble que nous ne prenions pas le chemin d'une recherche de consensus, avec la volonté affiché par Ségolène Royal de présenter sa candidature. Une candidature qui n'a pas convaincu une majorité des militants, sinon ils auraient donné davantage de suffrages à sa motion. Ségolène Royal sait que sa candidature est un obstacle au rassemblement, et ne fait pas l'unanimité au sein de sa propre motion. Il y a notamment le patron des socialistes des
Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini, qui déclarait encore samedi qu'il
ne souhaitait pas à la tête du PS «une candidate ou un candidat
présidentiable, parce que immédiatement, dès l'élection du premier
secrétaire, évidemment, le débat serait fixé sur la prochaine échéance.
Il y aurait un dysfonctionnement de notre parti».
Si la candidature Royal était confirmée, il est certain qu'elle ne faciliterait pas l'issue favorable à un rassemblement et à la construction d'une orientation claire, pourtant urgente au Parti Socialiste. Sa motion n'a acquis que 29 % avec pourtant tout le poids des "barons locaux", qui eux mêmes lui ont fortement conseillé de mettre sa candidature au frigidaire.
Une prise de recul s'impose. Les résultats obtenus à l'issue du vote du 6 novembre ne donnent la majorité à aucune des motions. La recherche d'une majorité, même s'il est légitime qu'elle est d'abord de la responsabilité de celle arrivée en tête, ne peut pas uniquement passer par cette équation. La motion Aubry, qui a réussi à rassembler en son sein des sensibilités différentes du Parti Socialiste et avec 25 % des suffrages peut être la motion du rassemblement pour un Parti Socialiste engagé à gauche.
Un regard sur l'histoire des congrès du Parti Socialiste, et en particulier sur le Congrès "fondateur" de Epinay, est intéressant pour cette prise de recul.
Les motions de Mauroy, Defferre, Mitterrand et Chevènement (49.10%) ont formé une majorité face à celles de Savary, Poperen et Mollet (46.60%).
Résultats des motions :
- Motion O (Alain Savary et Guy Mollet) : 34.00%
- Motion R (Pierre Mauroy et Gaston Defferre) : 30.00%
- Motion L (François Mitterrand) : 15.00%
- Motion M (Jean Poperen) : 12.00%
- Motion P (Jean-Pierre Chevènement) : 8.50%
- Motion K (Objectif 72 - "chrétiens de gauche") : 0.50%
Les motions de Mauroy, Defferre, Mitterrand et Chevènement (49.10%) ont formé une majorité face à celles de Savary, Poperen et Mollet (46.60%).
Etonnant non ? Entre la motion arrivée en tête et celle arrivée en seconde position il y avait 4 points, comme aujourd’hui. Il y avait un plus grand écart entre la 2 et la 3. Il y a eu alliance contre la motion arrivée en tête. Le premier secrétaire est issu de la motion arrivée en 3ème position. Il y a eu alliance entre des courants de la droite du parti et de la gauche du parti. Le premier secrétaire était à la tête d’une motion ayant obtenu 15%.
Je ne pense
pas que l’Histoire puisse se répéter à l’identique. Mais, ce
fait historique peut nous interpeler.
02 novembre 2008
Martine Aubry : le PS dont elle rêve
La motion D à Paris avec Martine Aubry
Vidéo envoyée par changeragauche
Martine Aubry qui défend une motion en vue du Congrès de Reims a évoqué, lors de son meeting parisien jeudi soir à Paris, le parti socialiste dont elle “rêve”, qui “agit” même dans l’opposition et dont la direction serait un “contre gouvernement”. “Je vais parler du parti socialiste tel que je le rêve”, un “parti qui agit car même dans l’opposition on peut agir sur le plan national”, a affirmé la maire de Lille devant quelque 400 militants réunis dans le XXème arrondissement, à une semaine du vote décisif des militants socialistes sur les motions.
La maire de Lille, a énuméré l’organisiation du parti dont elle rêve: “Un secrétariat national et un bureau national aux couleurs de la France et rajeunie”. Pour qu’au lendemain de la désignation du premier secrétaire “Libé titre l’effet Obama”, lance-telle.
Selon elle, le secrétariat national du parti devrait être “totalement mixte, homme-femme, ou chacun sera choisi en fonction de ses compétences et pas de ses appartenances”. Il sera un “contre gouvernement où chacun suit un ministre”. Martine Aubry veut aussi un PS luttant “contre toutes les discriminations” et qui “lance des actions autour des organisations syndicales et des associations”. “Le parti doit ouvrir ses portes et ses fenêtres”, recevoir notamment “les syndicalistes et intellectuels”.
Elle veut aussi construire “la gauche solidaire”. “C’est avec la gauche qu’on veut travailler, pas avec le Modem, qui, quand il faut choisir ne choisit pas”, déclare-t-elle.
Une dynamique pour le changement du PS
Quatre-cent-cinquante maires ont appelé vendredi à soutenir Martine Aubry pour le 75e congrès du PS dans deux semaines, parce qu'elle prône "un Parti socialiste dynamique, volontaire, reconstruit" et "ancré à gauche". Parmi les signataires figurent quelques maires de grandes villes (Caen, Reims, Rouen, Roubaix, Tourcoing), de villes moyennes (Charleville-Mézières, Cherbourg, Creil, Créteil, Poitiers, Vitry-le-François...) et de communes de la banlieue parisienne comme Claude Dilain (Clichy-sous-Bois, Seine-St-Denis).
L'appel affirme que "face à Nicolas Sarkozy et son gouvernement qui ont engagé une politique de destruction des services publics, de rationnement des finances locales et d'étranglement des collectivités territoriales (...), il nous faut un Parti socialiste dynamique, volontaire, reconstruit". Les signataires veulent aussi "un Parti socialiste remettant au coeur de son projet l'action publique, nationale ou territoriale, et ancré à gauche". Ils estiment que "seule la motion conduite par Martine Aubry est porteuse de ce projet ambitieux et progressiste".
Cette motion s'intitule "Changer à gauche pour changer la France".


