Le Blog de Mauricio Espinosa-Barry

L'actualité vue par un citoyen lyonnais

01 janvier 2009

Un eurosceptique préside l'Union européenne

vaclav_klausLa présidence de l'Union européenne revient à la République Tchèque à partir du 1er janvier 2009. Un passage à témoin à haut risques ? En pleine crise économique et institutionnelle, avec le double handicap de ne pas appartenir à la zone euro et ne pas s'être encore prononcés sur le Traité de Lisbonne, la succession ne s'annonce pas des plus faciles.

En tout cas, des inquiétudes peuvent déjà poindre au regard de l'euroscepticisme prononcé du président tchèque, Vaclav Klaus.

Ce libéral, qui se définit comme un "dissident européen", reproche à Bruxelles son "déficit démocratique", ses excès bureaucratiques et ses tentations supranationales, et manifeste une opposition farouche au Traité de Lisbonne."Nous  voulons aider l'Europe à devenir un espace vraiment démocratique où la décision politique est aussi proche que possible des citoyens, où les politiciens sont responsables vis à vis de leurs électeurs et peuvent être contrôlés efficacement",a-t-il dit.

Le président tchèque a lui même affiché son soutien au mouvement irlandais Libertas, fer de lance du "non" au traité de Lisbonne, qui se prépare à lancer une plate-forme pour le prochain scrutin. Il a préconisé la création d'un parti de droite eurosceptique dans son pays en démissionnant de ses fonctions de président d'honneur du parti démocratique civique (ODS, droite libérale) qui, selon lui, a trop dérivé vers le centre.

Admirateur patenté de l'ancien premier ministre britannique Margaret Thatcher, autre mouton noir de la construction européenne, Vaclav Klaus qualifie d'«erreur tragique » le plan climat énergie de l'UE, qui voudrait dicter aux États la réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre. C'est un nouveau casus belli pour le président tchèque, qui défend en matière économique des thèses souverainistes aux antipodes d'un interventionnisme supranational par la Commission européenne.

Pour son discours, le président tchèque est intervenu depuis le Château de Prague, son siège officiel, devant le drapeau tchèque et les armoiries nationales. Il a fait savoir ces dernières semaines qu'il ne comptait pas y accrocher le drapeau européen en permanence pendant la présidence tournante de l'UE. Un proche collaborateur de Vaclav Klaus a présenté, dans un entretien à La Croix.com, la vision de l'Europe de celui-ci, indiquant que le président tchèque n'est pas eurosceptique mais réaliste.

La situation politique interne tchèque est dans ce contexte plus que complexe, avec un gouvernement affaibli à l'issue des élections régionales et un premier ministre, Mirek Topolanek, qui mène un bras de fer avec Vaclav Klaus pourtant issu du même parti (ODS). Le premier devrait conclure une "trêve" avec l'opposition sociale-démocrate pendant la présidence. Deux petits partis qui complètent la coalition gouvernementale sont pro-européens.

Pour ne rien arranger, Nicolas Sarkozy, dont l'activisme a redonné de l'élan à l'Union européenne face à des États-Unis en pleine transition, n'entend pas disparaître de la scène diplomatique. Quitte à froisser de nouveau son successeur européen. Au premier jour de la présidence tchèque, le chef de l'Etat français devait recevoir, jeudi 1er janvier, à Paris, la ministre israélienne des affaires étrangères, Tzipi Livni. Alors que les Vingt-Sept ont décidé d'envoyer une mission dans la région dès dimanche 4 janvier, le président français se rendra, lundi 5 et mardi 6, en Egypte, dans les territoires palestiniens, en Israël, et en Syrie. "En parfaite coordination" avec Prague, a assuré l'Elysée mercredi soir, à l'issue d'un entretien téléphonique entre le chef de l'Etat et M. Topolanek.

Posté par mebarry à 19:28 - Actualité - Commentaires [0] - Permalien [#]

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